Swan le loup

Un soir, une voix à l’accent africain m’a dit : « Être né sous une bonne ou mauvaise étoile importe peu car la terre tourne. »

   La clef sur le démarreur, je filais comme un voleur. J’étais en cavale mais la police avait disparu alors je la traquais. Il faut provoquer la vie pour se sentir vivre. J’avais à mon actif plusieurs évasions. Dans cette course-poursuite il y avait un indice sérieux pour me pister : mon hoquet. Je traînais ce putain de hoquet depuis ma première fugue et par sa faute je fis beaucoup de ratures.

   Tout commença une nuit où mes pensées torturées imploraient un bon gommage. Je divaguais chez mon ami Gris. Nous jouions à la console, regardions des films à la con et débattions à nous mordre la queue. Génération couche tard et dort mal. Le monde nous fatiguait tellement qu’il endormait nos rêves. C’est alors que j’aperçus un magazine qui traînait au sol. Il me faisait du pied. Je le consultai et bloquai sur cette image où je vis l’effroi : Une femme, éveillant ses deux bras au ciel, soutenait son bébé sur le bout des doigts, le préservant d’un serpent affamé qui montait, enroulé, le long de ses jambes. L’enfant était condamné pourtant il se reposait innocemment. Pour combien de temps ? Ce temps était ma réserve d’énergie pour vivre avant que la société ne me vampirise.
   Dès lors, je suis devenu cette larme un peu froide qui prenait naissance dans un profond chagrin ou un extrême bonheur, ma nuance à moi. Ma vie n’a été qu’un cycle de renaissances en un fauve sans peur à la fois violent et pure. C’est à ce moment-ci que j’eus ce hoquet qui ne me quitta plus.

   J’avais embarqué Gris et deux autres camarades de la cité dans mes aventures. Nous formions un clan qui se serrait les cinq doigts de la main pour racketter les petits bourges par esprit communiste et délit de sale gueule. La pâte à modeler marron et les bouts de papiers bleus timbraient notre quotidien. Nous bombions tous les symboles de ce monde par bêtise et par révolte envers ce drapeau tricolore qui imposait ses cadres à des innocents tels que les marginaux ou les rêveurs.
   Très vite, je me suis lassé de ce mode de vie gribouillé. Nous devenions des capitalistes et une bulle pondait de nouveau au-dessus de ma tête. J’affectais ma bande mais dès que je me sentais enfermé je recherchais le moyen de m’évader.

   Un matin, je croisai un clochard qui sabrait le champagne en se moquant des passants qui partaient travailler. Les gens tournaient en rond et je devais me barrer. J’enfilai mon miséreux jean, mon cuir trop cintré, mes chaussures favorites et mon flingue coincé par mon dessous. Je m’échappai avec Blanche. Démarrage hold-up avant que ça dérape.

   J’avais décidé de tracer mon chemin, prendre mon temps et serpenter la route. La vitesse et le visage au vent me procuraient une sensation de liberté. Je pourchassais mes rêvent de gosses après avoir chassé mes cauchemars d’adultes. Les haltes paisibles en pleine nature restauraient mes plaisirs. La contemplation des paysages m’inspirait des rêveries mensongères. Les oiseaux cabriolaient au rythme de mon hoquet. L’un d’eux se prénommait Vert. Je l’avais remarqué à de nombreuses reprises durant mon parcours. Il devait voyager lui aussi. À chaque fois, il me sifflait des trucs mais je ne saisissais pas où était l’urgence de ses appels et j’avais la nette impression qu’il était zinzin car il se répétait souvent.
   Mon passé capitaliste me permettait de vivre comme un bohème pendant quelques temps. Cependant, cette échappatoire n’était pas assez enragée pour moi alors je descendis jusqu’à en bas à droite de la carte où patientait ma prochaine évasion.

   J’envisageais de refaire des combines juste par goût du risque. Des relations me présentèrent Noire. C’était une grande tige, maigre, brune et la peau pâle. Elle avait un ton provincial. Dans mes souvenirs d’elle il y avait toujours un fond bleu qui l’escortait. Celui du ciel. De la mer. Elle avait ce parfum de la Corse. Moi, je sentais le Cartier et le vieux cuir. Noire faisait partie du grand banditisme tandis que je n’étais qu’un voyou bagarreur des quartiers. Son portrait me provoquait déjà de l’adoration. Ses prunelles internaient quelque chose de fou, de flou, de pfiouu sa mère. Je m’imaginais dans ses bras, à écouter Vert piailler, pendant que Noire posait ses délicieuses lèvres rouges sur mon corps crucifié au tournesol. L’amour c’est comme une prise d’otage : ça nous prend d’un coup. Un ravisseur et une ravissante. On se soupçonne, on s’attache, on se relâche puis on se condamne. Un homme sans muse est un homme navré. Je ne savais pas si Noire m’aimait et je préférais rester dans l’inconnu. Plus tard, elle allait me croquer son amour, à sa façon.

   J’intégrai le gang de Noire et participai à des coups bien plus juteux que par le passé. Mon aventure était totale. Blanche était mon coté matérialiste et Noire mon coté humain. Je perçais grâce à elles.
   À force de jouer à cache-cache la police me filait dans mon angle mort et je vivais désormais avec l’impression surréaliste d’avoir un revolver pointé sur le visage.
   Noire se fit capturer. On lui apprit que Vert m’avait mouchardé. Mon hoquet ne se teintait pas avec ses chuintements. Noire resta feutrée face à la police. Elle me prouva son amour en faisant tomber une tasse de chocolat chaud sur son monde. L’inspiratrice fut emprisonnée par ma faute et moi j’étais en cavale. Je dus retracer mon chemin pour m’estomper.

   Noire refit surface. Je fantasmais de la revoir alors je la rattrapai dans sa province. L’atmosphère n’était plus aussi bleue que dans mes souvenirs mais Noire luisait toujours dans mon regard.
   - On dîne ensemble ce soir ? lui dis-je en souriant.
   - Pourquoi dîner ? J’ai juste deux trois mots à te dire, tout au plus une question. me répondit-elle froidement.
   Cette fresque devenait trop réaliste, trop plate. Il manquait du relief, de la furie.
   Noire me posa sa question :
   - Il pleut ?

   Ces coloris sculptaient mon paysage rougis de passions, frissonnant d’émotions et esquissé d’évasions… sans retour.

il y a 2 mois

Depuis notre naissance le tissu abrite nos corps comme une maison trop étroite. Il nous cultive, je l’envie. Il nous met à nu, je l’admire. Il nous stigmatise, je l’expérimente. Je m’enivre à contempler le linge me conter en boucle des histoires dans la machine à laver avant de se personnifier grâce aux valses du vent et d’achever sa parade en défilant sur les promenades. Le tissu ne signifie pas seulement le vêtement, c’est un voile mystérieux qui se déchire et m’évade dans d’innombrables chemins d’aventure. Omniprésent dans nos vies, il nous mouche, nous touche et nous couche.

Photographie de Mathilde BelavalTexte de Swan le loup

Depuis notre naissance le tissu abrite nos corps comme une maison trop étroite. Il nous cultive, je l’envie. Il nous met à nu, je l’admire. Il nous stigmatise, je l’expérimente. Je m’enivre à contempler le linge me conter en boucle des histoires dans la machine à laver avant de se personnifier grâce aux valses du vent et d’achever sa parade en défilant sur les promenades. Le tissu ne signifie pas seulement le vêtement, c’est un voile mystérieux qui se déchire et m’évade dans d’innombrables chemins d’aventure. Omniprésent dans nos vies, il nous mouche, nous touche et nous couche.

Photographie de Mathilde Belaval
Texte de Swan le loup

il y a 3 mois

   La prison imaginaire

   Un froufrou courait. Il s’échappa de la capitale, réveilla les ronfleurs, perfora le vent pour se faufiler dans une vaste forêt avant d’achever sa chevauchée à l’intérieur d’une forteresse fouettée par la mer. Le chat noir rappliqua dans ce bastion avec un air arrogant et son cheveu sur la langue. Il colporta une nouvelle à l’adolescente qui trônait au cœur de la bâtisse. Le félin lui conta que le loup blanc, sous protection de la loi, en profitait pour s’attaquer à toutes les bêtes et les visiteurs du bois. « Un assassin protégé par la loi ?! », cria l’hystérique en brandissant subitement le glaive qu’elle bordait pour le rabattre comme une brute en grimaçant. L’arme grinça au sol tonnant la furie de la rebelle sur tout le rivage. Elle paraissait si inconsciente qu’elle aurait pu défier n’importe quelle divinité. « Souhaitez-vous caresser la poisse pour évacuer votre rage ? », provoqua le chat noir pour adoucir cet instant glacial. La guerrière l’ignora en abandonnant son trône pour aller combattre le fauve.

Pour comprendre le fin mot de cette histoire il faut revenir à l’enfance de la révolte.

   Autrefois, issue de la royauté, la rebelle était une princesse choyée par sa mère, reine de cet empire. Le majestueux château flamboyait bercé par l’océan qui était l’unique ressource alimentaire du royaume. Un pont-levis protégeait le fort de la forêt, terre crainte où vagabondait un loup blanc. Lorsqu’un habitant croisait ce fauve par mégarde il restait pétrifié face à son charme sauvage.
   La gamine ne vivait pas comme les autres enfants et refusa un mariage forcé. Elle fut condamnée par sa maternelle qui l’emprisonna dans une cage, pendant tel un lustre sur le plafond de la salle du trône. La môme vécut recroquevillée dans cette petite prison. Elle dût supporter le froid de l’air marin qui soufflait des meurtrières ainsi que les regards curieux des habitants du royaume qui se prosternaient devant la reine.
   Un soir, l’océan se souleva contre les pirateries de l’empire. Une tempête éclata et le château fut envahi. Les dormeurs se noyèrent, les chanceux fuirent et les autres un peu des deux. Les richesses s’effondrèrent et seules les fondations de la forteresse tinrent. Les flots montèrent jusqu’à la petite prison de la déshéritée qui lui fit remonter la clef de sa liberté. La mer repartit calmement.
   À l’aube, les chants des merles résonnaient dans la forteresse mis en miette qui ressemblait désormais à un dédale labyrinthique. Des murs esquintés, des vitres brisées, des vestiges fracassés et des escaliers effondrés qui s’entrecroisaient pour former d’innombrables impasses. Les chaînes pendouillaient des parois. Il y avait un arrière-goût de rouille et d’eau de mer. Cycle continu d’humidité balayée par le vent qui poussait les frappes de l’océan.
   La misérable traina dans cette prison imaginaire quelques jours avant de se l’apprivoiser. Le temps en fit une sauvage, se lavant de sa culture, de ses traditions, de son éducation, de son langage pour n’en garder que l’essentiel dans un coin de sa mémoire. Une mémoire fatale qui emprisonna dans son corps la rage. Une biographie se balafre mais ne s’efface jamais complètement.
   Pendant ce temps, se développa une démocratie à l’autre bout de la vaste forêt. Les chefs étaient élus par une masse de gens durant plusieurs printemps. Des lois régissaient cette nouvelle domination. En plus de l’océan, contrôlé par un port démesuré, ce peuple investit la forêt sauvage pour la transformer en terre nourricière. Le loup blanc était jugé de vagabond hors-la-loi qui hantait le lieu, maraudait le peuple et jalousait les chiens. Il devint l’animal à abattre mais sa malice était aussi admirable que son élégance. Seuls les plus talentueux chasseurs pouvaient l’entrevoir avant leur meurt.
   Du coté de la sauvageonne l’océan n’était plus en conflit mais une onde de détente et d’apaisement. Elle domestiqua la forêt afin de chasser, s’alimenter et boire. La forteresse abandonnée était un lieu maudit où plus personne n’y mettait les pieds. L’enfant ne vivait cependant pas dans une profonde solitude. Un chat noir, filou espion de cette jungle, lui donnait des nouvelles de ce nouveau peuple qui imposait petit à petit sa loi sur tout le territoire, menaçant la nature, sa liberté et chassant le loup blanc. Ce rapport social entretint l’esprit humain de la gamine qui alimentait ses songes et sa rage. Elle rêvait de diriger un monde vivant dans l’inconnu et l’innocence. Pour cela il lui fallait fonder une armée d’enfants afin de trafiquer leur éducation en plein vol.
   La petite fille se transforma en adolescente pleine de grâce, grande, athlétique et guerrière. Elle se sentait prête à se révolter contre la société. Pour cela elle demanda à son complice, le chat noir, d’organiser un rendez-vous secret dans les bois avec le loup blanc. La rencontre eut lieu au clair de lune. L’adolescente se tenait debout, dignement, son glaive à la main. Le loup blanc apparut dans la pénombre, levant son museau pour apercevoir le visage de la guerrière. La colère grandissante de l’adolescente lui permit de n’être ni effrayée ni admiratrice face à ce fauve. Elle lui expliqua avec ferveur sa stratégie et ses attentions d’en faire un animal sacré s’il s’associait avec elle pour créer ce monde inconnu. Le loup l’écouta pour mieux imposer ses idées. Le chat noir, qui baillait vautré comme un flemmard au sommet d’un rocher, fut le témoin du pacte des deux sauvages.
   À la nuit tombante, la personnalité du loup blanc faisait diversion pour entrainer la masse de soldats dans la bêtise. Pendant ce temps, la guerrière se faufilait à travers les remparts tel un ninja, afin de kidnapper un enfant en âge de courir. Elle les éveillait doucement de leur sommeil puis les réveillait en les prenant brusquement par la main afin de s’échapper brutalement pour les guider du haut de son trône.
   Petit à petit la ravisseuse donna naissance à une tribu d’enfants hors-la-loi qui vécurent autour de la forteresse abandonnée. Le loup blanc était une légende pour ces jeunes gamins, un protecteur et gardien de leur nuit. Ce petit peuple vivait en harmonie oubliant leur confort d’antan pour la mer berceuse.
   À la suite d’attentats, d’outrages et de guet-apens, manigancés avec le fauve pour protéger la nature des envahisseurs, la rebelle fut qualifiée de terroriste par la société et d’ennemie public numéro 1. La chef assumait à elle seule la violence du combat qu’elle engagea. Laissant sa petite tribu dans l’ignorance et l’insouciance. La guerre n’était cependant pas terminée. La forêt était de plus en plus civilisée et le loup blanc, sans le souhaiter, devint protégé par la loi. Le chat noir colporta l’information jusqu’aux oreilles de la terroriste qui fut empoisonnée par la furie, se sentant trahie par son associé. La guerrière abandonna les enfants.

   Dans les ouvrages, une bataille ne se décrit pas pages par pages mais elle se résume à l’essentiel. Aux combats des protagonistes, aux horreurs de la guerre, aux souffrances. L’adolescente ne devint jamais une adulte. Elle vit pour la dernière fois son reflet dans un miroir rouge avant de s’assoupir. L’histoire raconta que l’adolescente était une terroriste atteinte par la folie. Cependant, les détails ont parfois de l’importance. L’information colportée par le chat noir n’était qu’une rumeur. Une fausse rumeur. Le loup banc fut chassé jusqu’à sa mort et la démocratie coule des jours paisibles, sans terrain sauvage.

il y a 4 mois

Mes véritables idoles  Mon père, lisant son journal, m’a toujours dit : Rien. Avec que dalle j’ai découvert l’aisance de vivre en liberté.  Impossible de mettre en cage un sage qui a la rage. Eternel gamin, j’ai les crocs, la grinta et la dalle à un niveau mondial.  Sûr de moi, j’m’inspire de la misère pour être riche.  J’resterai toujours ce vilain petit canard, bordé par la mère indienne, en bas à droite de l’Afrique.  Vu mon métissage j’me donne le droit d’être un sacré caméléon. Bande d’enculés de vos races !!!  L’environnement on peut le subir, on peut le fuir mais il faut croire en sa bonne étoile car la terre tourne.  J’vis la nuit comme le jour. Hello tchao ! C’est moi le paradoxe ambulant. Souriant face au stresse et stressé quand on me sourit. J’suis l’homme aux mille testaments face à ce mur du silence.  Les mots dépouillent ce mutisme en or.  J’ai déjà tout. Il n’y a plus rien à dire.  Putain de sa mère ! Mon père avait raison. 

Collaboration avec Michael Raman

Mes véritables idoles

Mon père, lisant son journal, m’a toujours dit : Rien.
Avec que dalle j’ai découvert l’aisance de vivre en liberté.
Impossible de mettre en cage un sage qui a la rage.
Eternel gamin, j’ai les crocs, la grinta et la dalle à un niveau mondial.
Sûr de moi, j’m’inspire de la misère pour être riche.
J’resterai toujours ce vilain petit canard, bordé par la mère indienne, en bas à droite de l’Afrique.
Vu mon métissage j’me donne le droit d’être un sacré caméléon. Bande d’enculés de vos races !!!
L’environnement on peut le subir, on peut le fuir mais il faut croire en sa bonne étoile car la terre tourne.
J’vis la nuit comme le jour.
Hello tchao ! C’est moi le paradoxe ambulant. Souriant face au stresse et stressé quand on me sourit.
J’suis l’homme aux mille testaments face à ce mur du silence.
Les mots dépouillent ce mutisme en or.
J’ai déjà tout. Il n’y a plus rien à dire.
Putain de sa mère ! Mon père avait raison.

Collaboration avec Michael Raman

il y a 5 mois

Isaïe 13. 9 Voici, le jour de l’Éternel arrive, jour cruel, jour de colère et d’ardente fureur, qui réduira la terre en solitude, et en exterminera les pécheurs.

10. Un souffle de fumé murmurera dans la pièce. « Alors p’tite pute tu m’reconnais ?! », balafrera le gangster à la face du monde. Le Roi, nègre d’une divinité sans nom, se tournera vers le mauvais. Il plagiera la parole de tous les entrepreneurs de morale et défiera le criminel en étalant sa vie terrestre sur la place publique. L’accusé polémiquera sur ses actes avec un sourire de salopard et un air si arrogant qu’il prendra de la hauteur : « Au nom d’une humanité il y a châtiment », préludera le gangster. « Un classique apprit après avoir quitté le tiéquar. Génération NLF taguée sur les murs. Nique les flics. Nique la France. Abréviation pour esquiver les fautes. A la base des bases j’suis un putain d’orphelin parce que pas né dans la bonne chatte. C’est pour ça que dans la vulgarité il n’y a que le coté maternel pour un sale gosse. Miskina. J’suis un enfant de pute qui n’a jamais reconnu son étoile. Guidé par les trafics louches, les femmes faibles et les hommes forts. »

11. Le Roi demandera au gangster d’assumer ses péchés. « J’bédave sec et j’kiffe ma life à 100%. Sexe, drogue et nique sa mère ! J’distille de la coke à haute dose le soir parce que le marchand de sable s’est fait braquer. Des salopes saignent sur le trottoir en planquant mon nom. J’mets des carottes à l’amiable et si tu te plains j’te hakgal ! Quand j’baise des pétasses ça ressemble à un putain de viol car j’m’en bas les couilles des enceintes. Fuck la loi ! Et si t’es pas content Sire j’te jette mon cul de pète dans la gueule ! »

12. Le Roi implorera le calme dans l’audience et les excuses du malotru pour avoir offensé les bons. « M’excuser auprès des travailleurs du dimanche qui ne voit plus leurs proches ; auprès des soûlards dépressifs qui puent de la gueule ; auprès des amoureux qui te prennent en otage et auprès des toxs qui cassent les couilles. J’ai tellement côtoyé la médiocrité que j’en suis immunisé. Sire ! J’suis pas un si mauvais garçon. Avec le temps j’ai adapté ma façon de bosser pour faire le bien autour de moi. Par exemple, j’dirige un gang de putes qui ont le dass, j’bicrave de la CC à la mort aux rats et quand j’galère j’rode en voiture noire sur les boulevards ciblant la veuve et l’orphelin. C’est assez efficace pour éradiquer tous les sheitans. »

13. Le gangster se lèvera un instant de son fauteuil. Il orchestrera deux trois pas de danse, se dandinant comme un plouc avant de se rasseoir avec joie. « Sire ! Tu as tord de croire. Je n’ai vécu que dans la rumeur. Où est le bien où est la mal ? Pas de raison de se poser la question quand on ne connaît pas la réponse. J’suis un bâtard de hors de la loi ! Le seum incarné ! Mais ce que les citoyens n’assimilent pas c’est que j’suis comme eux. Un mortel. Un consommateur. Un épargnant. Un capitaliste. Prince du marché noir. La face sombre de la société. Flemmard, matérialiste et courageux : ça a fait de moi un criminel. »

14. Le Roi ordonnera au gangster de poser son cœur sur la balance avant de prononcer la sentence. « Su cunnu’e mamma tua ! Mon cœur saigne c’est injuste. Ceux qui me condamnent n’ont pas les couilles de m’défoncer la race. Ils préfèrent me voir juger, attendre lâchement que j’disparaisse pour pourrir le voisin ou que j’canne dans mon coin, comme un chien errant. Suicidé en cage, assassiné dans le dos ou mort d’une maladie voir pire de vieillesse. Sire ! Populace ! Faucheuse ! J’vous fais un gros doigt d’honneur ! Vous croyiez être à mon jugement mais dans la déviance tout s’inverse et j’vous condamne à recroiser mon chemin bientôt. »

15. Le criminel clôturera la fin de cette supercherie théâtrale : « “Nobles” gens ! J’irai sûrement en enfer mais si je vous y croise : courez ! »

il y a 6 mois

   Une légende raconte que le jardin secret d’un criminel était entretenu par l’humeur d’une femme. Cloitré entre quatre murs ce terrain se nichait sous les pleurs de cette dame. Les amants vécurent leur passion dans une ville ensanglantée. Le corps du criminel était infecté par cette femme. Son jardin incarnait son silence.

   La légende conte que ce criminel ramassa cette typesse, encore gamine et galérienne, dans la rue. Les vagues ponctuelles de pleurs d’une adolescente ordinaire préservaient à merveille son jardin secret. Le bordel s’installa le jour où la jeune fille devint une femme. Les coutumes assombrirent ses larmes maquillées qui empoisonnèrent petit à petit le jardin silencieux. Le criminel essaya en vain de calmer ses pleurnicheries en frôlant son regard humide de ses doigts bagués d’or et en offrant à sa chère des tonnes de mouchoirs. 

   La diversité naturelle n’a pas sa place dans la culture d’un homme alors le criminel emprisonna un pauvre vétéran afin de soigner sa terre noyée. Il lui promit une liberté sans fin le jour où son jardin secret s’émerveillera de nouveau. L’anonymat ne gênait guère ce brave homme que le criminel surnomma : le gardien de sa dame.

   Le gardien de sa dame entreprit sa besogne à cœur. Il cisaillait les ronces assassines, bricolait le cœur torturé et admirait la femme carafe du criminel depuis son balcon d’où coulaient ses pleurs. Avec son parapluie le gardien rattrapait les larmes noires du crépuscule afin de préserver les roses. Les larmes de l’aurore fuyant la peau encore sèche nourrissaient les plantations. Ce tri de gouttes métissé par le soleil levant redonna à ce lieu sa vitalité d’antan. La sécurité de son jardin secret apaisait les songes du criminel. Cette quiétude ombragea sa femme.

   Lors d’un matin ensoleillé, le gardien pensait admirer la muse, sous un drap blanc de soie, accoudée aux parois de son garde-corps, le visage encore étourdi par la tendre nuit. Mais ce fut un moment infidèle que le vétéran épia. Dès lors, le jardin subit une colère froide. La femme fatale se révolta. Elle mit la ville à feu et à sang. Ses lunettes noires retenaient ses larmes et masquaient le soleil. Le criminel disparut et son jardin secret devint orphelin.

   La légende conte que le gardien de sa dame, asséché par un soleil sans nuage, se statufia et repose désormais pour l’éternité dans ce jardin secret. Le criminel a tenu sa promesse.

il y a 7 mois

Un jour j’ai surpris ma fille se dévoiler, c’était la fin du cache-cache

Un jour j’ai surpris ma fille chouiner

Un jour j’ai surpris ma fille sourire

Un jour j’ai surpris ma fille reposée

Un jour j’ai surpris ma fille s’amuser

Un jour j’ai surpris ma fille tomber

Un jour j’ai surpris ma fille gaffer

Un jour j’ai surpris ma fille apprendre

Un jour j’ai surpris ma fille goûter

Un jour j’ai surpris ma fille bouquiner

Un jour j’ai surpris ma fille seule

Un jour j’ai surpris ma fille provoquer

Un jour j’ai surpris ma fille gémir

Un jour j’ai surpris ma fille s’embrasser dans le miroir

Un jour j’ai surpris ma fille me dire « au revoir »

Un jour j’ai oublié le visage de ma fille

Un soir une fille m’a surpris

Un soir j’ai oublié le visage d’une fille

Un soir j’ai surpris une fille me dire « au revoir »

Un soir j’ai surpris une fille s’embrasser dans le miroir

Un soir j’ai surpris une fille gémir

Un soir j’ai surpris une fille provoquer

Un soir j’ai surpris une fille seule

Un soir j’ai surpris une fille bouquiner

Un soir j’ai surpris une fille goûter

Un soir j’ai surpris une fille apprendre

Un soir j’ai surpris une fille gaffer

Un soir j’ai surpris une fille tomber

Un soir j’ai surpris une fille s’amuser

Un soir j’ai surpris une fille reposée

Un soir j’ai surpris une fille sourire

Un soir j’ai surpris une fille chouiner  

Un soir j’ai surpris une fille se dévoiler, c’était la fin du cache-cache

il y a 8 mois

CHAPITRE  II : Education de salope

Mme Index : Hey ! Je sais ce que je dis ! Il y a pleins de choses qu’un connard de noir supporte et qu’un connard de blanc ne supporte pas.

Mme Annulaire : Et alors l’experte ?! J’m’en tamponne ! Moi, j’aime la schneck et les queues j’m’en branle ! Qu’est-ce que t’en penses toi ?

Mme Pouce : (Sourcils relevés, regard ailleurs et silence)

Mme Annulaire : Ok…

Mme Majeur : Tiens ça me rappelle une histoire. C’était dans le club “Show à nanas” du quartier Nord. Un blanc-bec et une petite négresse se chauffaient à mort. Lui s’appelait Léo et elle Roselyne ou Rose je crois… Bref ! Les deux se dandinaient comme des sauvages sur la piste de danse. Lumières de partout, ambiance saccadée et chaleur. La nana n’en pouvait plus et entre deux musiques elle glissa à l’oreille du jules qu’elle avait envie de lui tailler une pipe d’enfer dans les chiottes.

Mme Index : Dans les chiottes ?! Putain quelle classe !

Mme Pouce : Quel cliché surtout.

Mme Majeur : Vos gueules ! Je voudrais bien finir mon histoire. Donc ils vont dans les toilettes et le mec était tellement bourré qu’il s’est mis de la super glue autour de son zob. Ne me demandez pas d’où il a sorti sa colle j’en sais rien ! Toujours est-il qu’il rejoint la nana dans les WC. La négresse lui saute dessus en avalant sa bite à pleine bouche. Une pipe royale ! Elle s’est retrouvée avec une queue collée autour de ses lèvres !

Mme Annulaire (Hilare) : J’te crois pas !

Mme Majeur : Je te jure que c’est pas une blague ! Le mec se baladait avec une nana la tête dans son entrejambe. Et pour l’alimenter il n’avait qu’à lui pisser dans sa bouche.

Mme Index : La gonzesse elle pouvait se nourrir, se brosser les dents et elle avait même le dentifrice qui va avec !

(Rires)


CHAPITRE III : L’école désaffectée

Peggy : Les filles ce qui compte c’est juste ricaner et raconter des blagues. Ça pouffe comme une bande de beaufs devant le PMU. J’ai une petite histoire à vous raconter. C’est l’histoire de cinq meufs qui discutent en faisant la queue devant la CAF. Elles sont là à se demander comment elles ont pu atterrir ici ? « Où est-ce qu’on a déconné ? Qu’est ce qu’on aurait du faire ? Qu’est ce qu’on n’aurait pas du faire ? C’est de ta faute ! C’est de ma faute ! C’est de sa faute ! » Juste qu’à manquer de salive et s’intéresser aux chiens errants. Et puis il y en a une qui dit : « Hey les filles minute ! Pendant qu’on préparait ce holdup tout ce qu’on a fait c’était de raconter des blagues à la con ! » Vous n’êtes que des minettes tout droit sorties du dortoir. L’avenir cavale devant vous comme une carotte et ce n’est pas le moment de le lâcher. Vous suivez ma pensée ? C’était pas dans mon idée de vous engueuler. Quand ce boulot sera terminé et qu’on sera à Hawaï les doigts de pied en éventail sur les bords de mer à peaufiner un vernis rouge, à tailler des mecs et à rattacher quinze fois nos cheveux au soleil moi aussi je déconnerais. Et vous verrez que je peux être aussi cool que vous. Mais pour le quart d’heure c’est le boulot qui prime ! Et je vais vous donner vos noms pour cette opération :

Mme Pouce
Mme Index
Mme Majeur
Mme Annulaire
Et Mme Auriculaire

Mme Index : Pourquoi les cinq doigts de la main ?

Peggy : Pour serrer des pinces, pour tirer droit et pour coller des grosses gifles. Trois règles importantes que vous devez retenir mesdames.


CHAPITRE I : La renaissance

Avant ce holdup les cinq petites filles gambadaient sur les ruines de leurs ancêtres. L’éducation prônait les exploits de ces morts et les livres d’histoires blâmaient leurs monstruosités clamant un modèle présent. Mais pour de jeunes innocentes un flingue pointé sur un cœur ne l’arrête pas de battre.

Reservoir Pussies

Photographies de Pisaller

Texte de Swan le loup

il y a 9 mois

Fils de pute… Qui mates-tu comme ça ? Moi ! Tu te contemples en voyant la misère… Pourquoi tu m’scrutes ? Cesse ! T’aimerais m’ausculter… J’te déshabille du regard hein ?! Alors enlève tes fringues, branle-toi et éjacule sur les passants !!! C’est plus qu’un ordre c’est un penchant. Tout le monde baise tout le monde dans ce petit monde… Je baise, tu m’encules, on juge. Nous niquons, vous matez, ils censurent. Alors va te faire foutre ! Pas de respect, pas de pitié : pas d’emmerdements. Pour la médiocrité j’ai donné… Quand j’te vois j’comprends c’que j’aurai pu devenir et ça m’rappelle mon avenir. Mon fort intérieur me braque…tout comme la morale ambiante. Diablesse que j’suis, tentation qu’tu as. Chauffe mon regard j’te braque connard ! Si t’oses toucher mon p’tit cul j’te bécoterais comme une vipère ! Pauvre et éphémère ?! Et bien va niquer ta mère ! Sache que j’dors seule et ça se répète sauf quand j’ai des pulsions. La vie est un manège incessant, incestueux même… La nudité c’est moche. Tu es moche ! Des mots peuvent mettre à nu mais ils ne me payent jamais. Dommage…la prostitution est si noble quand j’vois l’insuffisance qui me fait face. Si tu n’as pas le courage de ta parole, ne dis rien. Tu n’dis rien ? Alors prends ton courage à deux mains, sers le fort jusqu’à ton dernier souffle. Silence et à demain.

Louisa Velours

il y a 10 mois

Devant un huis clos j’essaye de comprendre les secondes qui défilent à rythme égal.
Des oiseaux chantent. Un murmure. Une grenouille croisse. Un klaxon. Le vent s’affole sur les longues herbes tremblantes. Un téléphone sonne, il fige l’atmosphère. Les coups de fils emprisonnent les arbres passés au peigne fin pour des touristes. Brushing foudroyant. (Cette pute de cacophonie rend absurde à force de nous pénétrer en boucle.)
Des personnes travaillent dans des bureaux. Il fait beau. Les usines ferment. Relaxe. Le ciel est bleu et le soleil aveugle. Ferme ta gueule ! 
La mémoire est un manoir de badabim badaboum. Volets fermés. 8 femmes. On s’invente des histoires. Histoire de. Histoire que.
Les fleurs mortes en vase, les lapins sages en cage et les chiens bêtes s’attachent bande de lâche !
Les espaces libres à l’abandon rendent les jaloux voleurs et filous. Méfiez-vous les uns des autres sauf si vous êtes nés solitaires.

Il fut un temps on nous aurait pendu.

il y a 10 mois

À l’heure du déjeuner, en plein soleil, la fontaine glougloute. Une guêpe m’emmerde et la confiture me colle les doigts. Je me penche sur mon café et dévisage mon portrait qui se reflète dans cet obscur miroir. J’y trempe un sucre. Il s’imbibe, se colore puis coule. Sombrant comme un souvenir que l’on souhaite engloutir dans ce trou noir. L’if assombrit l’herbe verdoyante et les fleurs se transforment en bouquet. Au milieu de ce manège un chat noir me guette comme une maudite proie. Je me sauve dans la lavande et zigzague entre les abeilles. M’évadant dans un labyrinthe semé d’impasses, jardin secret des hommes. L’été c’est l’émeute dans nos cœurs. Gravées dans le sable les cicatrices de nos romances, pour que la mer nous berce une dernière fois.

Un été chez les voyous et les minous. Drogues, soleil, enfants de pute et la mer ! Inch’Allah qu’on s’en sorte tous.

il y a 11 mois

kradify:

Un jour Refus du soir sera ma pochette d’album.

kradify:

Un jour Refus du soir sera ma pochette d’album.

il y a 12 mois

Voici un nouveau blog pour l’été : Un été chez les voyous 
N’hésitez pas à l’alimenter en me proposant vos clichés en lien avec “Un été chez les voyous” ou “Un été chez les minous” sur mon mail : swanleloup@hotmail.frÉté n.m. : Saison la plus chaude de l’hémisphère nord. Elle suit le printemps et précède l’automne.Voyou n.m. : Individu de mœurs crapuleuses.Minou n.m. : Nom donné au chat, dans le langage enfantin. Nom donné au sexe féminin, dans le langage à châtier.Léchouille petite canaille. :)

Voici un nouveau blog pour l’été : Un été chez les voyous

N’hésitez pas à l’alimenter en me proposant vos clichés en lien avec “Un été chez les voyous” ou “Un été chez les minous” sur mon mail : swanleloup@hotmail.fr

Été n.m. : Saison la plus chaude de l’hémisphère nord. Elle suit le printemps et précède l’automne.
Voyou n.m. : Individu de mœurs crapuleuses.
Minou n.m. : Nom donné au chat, dans le langage enfantin. Nom donné au sexe féminin, dans le langage à châtier.

Léchouille petite canaille. :)

il y a 1 an

J’aime la dérive, une saveur amère dans la bouche, casser du sucre, renifler une rose décapitée, supporter la neige et m’unir au soleil. Ultimes arrière-goûts.
Mon meurtre, une évidence et pas un témoin. Au début, je m’attendais à une mort classique. Flingué dans le dos, la lune bascule et tout devient sombre. C’est alors que les traditions se pointent comme un coup de tonnerre. L’heure des derniers mots qui se transforment en monologue. On songe à sa vie avant d’être abattu.
Jadis, on me surnommait Bouboule le poète. Avant d’assassiner mes proies je leur clamais un poème sans queue ni tête. J’ai les mains sales mais je les purifie dans l’eau propre et avec deux trois verres de sky. Le temps passé. Les gens présents. La société future. Il y a de l’eau qui a coulé sous les ponts. Une cascade d’emmerdes, le mal de mer et beaucoup de noyades. Mais je n’ai jamais viré de bord pour autant ! Le navire chavire je suis navré. J’ai jeté l’ancre. Plus la force de naviguer seul, plus l’âge. Je coule à flot comme on dit. Maintenant, plutôt que de me tirer une balle je préfère qu’on le fasse pour moi. Mais attention ! Une balle en plein cœur et pas sur mon portrait. Autant finir proprement dans le cercueil. Et puis dans le fond le cœur c’est symbolique.

il y a 1 an